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FAMILIARITE

On dit souvent que les meilleurs photographes naturalistes sont ceux qui sont les plus familiers avec leur sujet. Plus on connait les habitudes d’un animal en particulier, plus on a de chance de le trouver, de l’approcher, et de bien le photographier. La même chose peut également s’appliquer avec un lieu donné : plus on connait un certain territoire, plus on a de chance de se trouver au bon endroit au bon moment pour photographier le paysage ou les animaux qui l’habitent.


L’entomologiste français Jean-Henri Fabre (1823-1915) pouvait passer des journées entières les yeux rivés sur l’entrée d’un tunnel creusé par une guêpe dans le but d’en observer les comportements; sa patience et sa connaissance de ses sujets en auraient fait un photographe ou un cinéaste hors pair.

Sans aller aussi loin que Fabre, tout amateur de science naturelle aura normalement assez de curiosité et d’intérêt pour observer les comportements des animaux qu’il croise, que ce soit des oiseaux, des mammifères, ou des insectes. Quelques recherches sur le Web ou une bibliothèque bien remplie devraient fournir les renseignements nécessaires pour en apprendre un peu plus sur les comportements observés. Il suffit ensuite d’appliquer ces connaissances à la recherche de sujets d’intérêts, sans oublier d’y ajouter une bonne dose de patience et de persévérance.


Allons-y d’un ou deux exemples. Pendant plusieurs années, j’étais propriétaire d’un boisé où on retrouvait une mare de castors. En juin, un examen attentif des berges permettait de localiser plusieurs exuvies de nymphes de libellules, les peaux vides de la « larve » aquatique qui donne naissance à l’insecte ailé. Une fois l’emplacement des exuvies découvert, il m’a suffi de chercher dans le même type d’environnement tôt le matin pour éventuellement découvrir des libellules en train de naitre.

Au niveau paysage, ma « cour arrière » actuelle, le Parc du Bic, comporte plusieurs paysages superbes. Un de ces endroits est le Cap à l’Orignal. La plupart du temps, il demeure dans l’ombre et les photos ressemblent plus à une silhouette noire sur fond de ciel clair. Mais les matins d’été, lorsque le soleil se lève un peu plus au nord, le cap est éclairé par une lumière latérale qui révèle plus de détails.


Mais comme toutes les médailles ont deux faces, la familiarité avec un endroit peut également avoir son côté négatif. Si on en vient à connaitre chaque arbre, chaque point de vue, chaque détour de sentier d’un endroit donné, on peut en venir à ne plus voir ce qui nous entoure. Une forme de « paresse visuelle » s’installe, une trop grande familiarité qui se transforme en une sorte d’ennui, un « déjà vu, déjà photographié » qui porte à ne plus voir les possibilités offertes par un environnement potentiellement riche d'opportunités. Il faudra parfois travailler un peu plus fort, quitte à utiliser quelques trucs pour insuffler un renouveau dans la façon de voir ce milieu devenu trop familier. Par exemple, on peut décider de partir léger avec un seul objectif, de préférence à focale fixe, avec lequel on s’efforce de photographier le plus de sujets possibles. C’est une bonne façon de briser la routine qui risque de s’installer avec la familiarité.


LES PHOTOS

La peau vide d’une nymphe de libellule. On les trouve toujours à proximité de l’eau. On note alors sur quel support les nymphes ont tendance à grimper, ce qui permet de les retrouver au moment opportun.

Canon 40D, 100 mm macro, 1/160 à f/11, ISO 800

La naissance d’une libellule.

Canon A1, 100 mm macro, tiré d’une diapositive.

Une fois émergée se sa nymphe, la libellule sèche ses ailes avant de prendre son envol.

Canon 7D, 100 mm macro, 1/50 à f/11, ISO 400

Étant attentif, j’ai observé que cette espèce de libellule se rassemblait en grand nombre sur les troncs d’arbres ou les roches pour se chauffer aux derniers rayons du soleil couchant. Il suffisait alors d’être au bon endroit, au bon moment, pour faire ma photo.

Canon 20D, 100-400 à 200 mm, 1/125 à f/10, ISO 200


Le genre de photo que J.H. Fabre aurait réalisé… Cette guêpe solitaire attrape des taons qu’elle paralyse pour ensuite les enterrer au fond d’un tunnel creusé dans un terrain sablonneux. Elle pond ensuite un œuf sur le taon; la larve se nourrit de la mouche. Photographier des comportements est beaucoup plus valorisant que faire de simples portraits.

Canon 6D, 100 mm macro, 1/160 à f/16, flash, ISO 160

La plupart du temps, le Cap à l’Orignal demeure dans l’ombre de la falaise…

Olympus E-M1 Mark II, 40-150 à 73 mm, 1/125 à f/10, ISO 250


…Mais pendant quelques semaines d’été, le soleil monte suffisamment haut et vers le nord pour finalement sortir le Cap de l’ombre.

Olympus E-M1 Mark III, 40-150 à 105 mm, 1/400 à f/10, ISO 400


Bien qu’ils soient présents à longueur d’année dans les eaux du Bic, les phoques se font souvent discrets. Vers la fin de l’été, ils muent pour acquérir leur fourrure d’hiver. À ce moment, on les retrouve toujours à faire la « banane » sur les rochers exposés; leur fourrure étant moins dense et moins isolante, ils se chauffent au soleil.

Olympus E-M1 Mark III, Nikon 1000 mm avec adaptateur, 1/400 à f/11, ISO 400


Les chevreuils sont présents en grand nombre au Bic. Puisque je visite le parc régulièrement, je savais en trouver le long des plages en début de soirée.

Olympus E-M1, 12-40 à 40mm, 1/320 à f/3.5, ISO 400

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