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LE BELVÉDÈRE RAOUL-ROY

Tous les printemps, d’avril jusqu’au début de juin, le Belvédère Raoul-Roy est le point de rendez-vous pour des dizaines d’amateurs d’oiseaux de proie. Situé à l’extrême ouest du Parc du Bic, le belvédère a été nommé en l’honneur de Raoul Roy (1936-1985). Originaire de Saint-Fabien, Raoul Roy était un folkloriste qui a enseigné à l’Université du Québec à Rimouski en plus de scénariser des contes pour Radio-Canada. Il a également fait partie du comité qui a mené à la création du Parc.


Le belvédère est à quelques pas d’un stationnement du Parc (il faut payer ses droits d’entrée ou avoir une carte annuelle). Surplombant le village côtier de Saint-Fabien-Sur-Mer, il offre une vue saisissante sur le fleuve et le Parc qui s’étend vers l’est. On voit bien l’Îlet au Flacon, qui forme une presqu’île. Sur sa droite s’élève le plus haut pic de la chaîne des Murailles, le Pic Champlain, qui culmine à 346 mètres. Durant son premier voyage d’exploration, Samuel de Champlain a jeté l’ancre dans ce qui allait devenir le havre du Bic. Il a noté la présence de cette montagne qu’il ajoute à ses cartes avec la simple dénomination de «pic»; avec le temps, le mot se serait déformé pour devenir le «Bic» d’aujourd’hui.


Dès le début de la journée, les ornithologues se rassemblent. Plusieurs font partie du Club d’Ornithologie du Bas-Saint-Laurent. Basés à Rimouski, ses membres se relaient pendant des jours pour faire le décompte des oiseaux qui passent par le belvédère. Si certains sont assez communs, comme les Buses à queue rousse, les Éperviers bruns, ou les Urubus à tête rouge, d’autres sont rarissimes, mais observés ici chaque année. C’est ainsi que j’ai eu le privilège d’observer un Aigle royal deux années de suite.


Les meilleures journées pour aller au belvédère demeurent celles où le ciel est parfaitement dégagé. Les oiseaux sont alors plus faciles à détecter et à photographier sur un ciel de teinte uniforme. Si en plus le vent est dominant, normalement de l’ouest ou du nord-est, c’est un bonus; les vents dominants frappent la falaise et remontent, c’est ce que veulent les oiseaux. Les meilleures heures sont entre 10 :00 et 14 :00. Ceci dit, il ne faut pas se décourager si un brouillard dense semble annoncer de mauvaises nouvelles au lever du jour. Le Pic Champlain se dresse souvent au-dessus de la brume qui recouvre le fleuve.


Pour le photographe, le problème principal est celui de la distance : les oiseaux ont tendance à se tenir assez loin, de sorte que même avec l’équivalent d’un 840 mm il me faut recadrer les images au maximum pour obtenir quelque chose de moyennement acceptable. J’ai tenté d’utiliser mon vieux Nikon 1000mm catadioptrique. Il ressemble plus à un petit télescope qu’à un objectif photo, et sa mise au point manuelle est difficile à ajuster à la perfection. Avec le facteur de conversion de mes Olympus, il équivaut à 2000mm, avec un grossissement de 40x (840mm donne 16.8x). Mais la qualité des images laisse à désirer même dans les meilleures conditions, et les choses ne s’arrangent pas avec une bonne couche d’atmosphère turbulente entre le photographe et son sujet, de sorte que les photos ne sont simplement pas utilisables. Avec un peu de patience, et des visites répétées, on arrive tout de même à voir plusieurs oiseaux d’assez près pour obtenir des images décentes.


Une paire de jumelles est un complément essentiel pour chercher les oiseaux. Très (trop) souvent, les oiseaux sont pratiquement invisibles; on arrive à les repérer en promenant les jumelles de haut en bas et de droite à gauche au-dessus des montagnes. Une fois un oiseau repéré, on peut parfois avoir une idée de sa direction. Souvent, les oiseaux vont suivre la côte en direction ouest, ce qui les emmène à passer plus près du belvédère. Mais il faut être prêt puisque le passage ne dure pas longtemps. Les ornithologues ont développé un langage codé pour indiquer la position des oiseaux qu’ils ont repéré : le pic #1 est le plus haut, le Pic Champlain, suivent les pics #2 et #3, à sa droite. Des antennes de transmission sur le Pic Champlain sont également utilisées comme point de repère. C’est ainsi qu’on peut entendre des phrases semblables à : «Un royal en haut à gauche du numéro 1» ou «Deux buses en haut à droite des antennes»…


Lorsque l’été arrive enfin, le belvédère attire principalement les visiteurs qui veulent profiter du paysage. Pourtant, les ornithologues peuvent toujours y trouver leur compte. En 1980, des faucons pèlerins ont été réintroduits dans le Parc du Bic. Ils nichent sur les falaises des Murailles. Il y a une vingtaine d’années, les urubus à tête rouge étaient considérés comme rares; dans un livre sur le Parc du Bic publié en 1996, l’espèce n’est même pas ajoutée à la liste des oiseaux aperçus dans la région. Aujourd’hui, les urubus sont vus tous les jours et nichent sur les falaises environnantes.


LES PHOTOS


Le belvédère Raoul-Roy offre une vue splendide sur le fleuve et une portion du Parc du Bic.

Olympus E-M1 Mark III, 12-40 à 25mm, 1/800 à f/11, ISO 500


Une journée de brume où on perdait de vue l’Îlet au Flacon et même l’Île du Bic. Malgré tout, le Pic Champlain, à droite, est toujours dégagé.



Cette journée-là, la plupart des oiseaux qui ont passé près du belvédère étaient des Buses à queue rousse.

Olympus E-M1 Mark III, 300mm avec 1.4x, 1/1600 à f/8.0, ISO 400


Rares il y a une vingtaine d’années, les Urubus à têtes rouges sont devenus une espèce commune. Ils nicheraient le long des falaises, dans le parc ou tout autour. J’en ai déjà compté une douzaine tournoyant au-dessus des montagnes à l’entrée du Parc.

Olympus E-M1 Mark III, 300mm avec 1.4x, 1/1600 à f/6.3, ISO 400


Un Épervier brun mâle qui semble être un habitué de la région; un membre du Club d’Ornithologie affirme le reconnaître…

Olympus E-M1 Mark III, 300mm avec 1.4x, 1/1250 à f/7.1, ISO 500

Un Pygargue à tête blanche juvénile. Les juvéniles doivent attendre 4 à 5 ans avant d’acquérir la tête et la queue blanche caractéristique des adultes.

Olympus E-M1 Mark III, 300mm avec 1.4x, 1/1250 à f/6.3, ISO 500


Un Aigle Royal a passé assez haut au-dessus du belvédère. Il est reconnaissable aux taches blanches sous ses ailes.

Olympus E-M1 Mark III, 300mm avec 1.4x, 1/1250 à f/8.0, ISO 500


Une Petite Buse qui a tourné au-dessus du belvédère pendant quelques minutes. Elle est passée assez près pour que le recadrage soit gardé au minimum. Elles sont reconnaissables à la large bande blanche de leur queue.

Olympus E-M1 Mark III, 300mm avec 1.4x, 1/2000 à f/5.6, ISO 500


La liste suivante a été compilée par les volontaires qui se relaient durant toute la saison de migration.




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