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LES FILTRES

À l’époque de l’argentique, il fallait absolument avoir toute une panoplie de filtres simplement pour corriger les dominantes de couleurs causées par les éclairages artificiels. De nos jours, ce genre de filtres n’a plus sa place puisque les appareils numériques peuvent faire un ajustement de la balance des blancs, soit de façon automatique, avec des préréglages, ou en balance des blancs manuelle. Mais il y a d’autres filtres qui ont toujours leur place.


Le premier est simplement un filtre de protection; j’en ai un sur tous mes objectifs. Il serait par contre faux de s’imaginer que puisqu’il ne s’agit que d’une simple protection on puisse se contenter du filtre le moins cher possible. Tout filtre monté sur l’objectif fait dès lors partie du « groupe optique » de celui-ci; un filtre de qualité douteuse (dans le jargon on dit un « fond de bouteille ») risque fort de dégrader la qualité optique. Une anecdote : je travaillais un jour avec un filtre qu’on m’avait donné. Monté sur un statif de reproduction solide, mes photos macro semblaient pourtant manquer de netteté. J’ai donc fait un test avec et sans le filtre… pour ensuite lui montrer le chemin de la poubelle…

Le second filtre essentiel demeure le polariseur. J’ai déjà écrit un blogue sur le sujet. Le polariseur réduit ou élimine les réflexions sur l’eau ou les rochers mouillés d’une rivière. Il augmente également les contrastes du feuillage et accentue le ciel bleu.


Un troisième filtre connaît quelques variations : le filtre de densité neutre. Il ne faut pas confondre le densité neutre avec le filtre de protection que certains nomment, à tort, un filtre neutre. Un filtre de densité neutre est un filtre gris qui coupe une certaine quantité de lumière, ce qui permet soit de diminuer la vitesse d’exposition ou d’ouvrir le diaphragme à une valeur plus grande que si on travaille sans filtre, surtout utile en plein soleil. Les densités neutres existent en valeurs fixes (voir la chartre à la fin du blogue). Le problème est que les manufacturiers n’utilisent pas tous la même façon de désigner leurs filtres; certains utilisent le nombre de « stops » coupés par le filtre alors que d’autres donnent le facteur de densité optique, et finalement certains préfèrent un facteur de filtration. En cas de doute, le marchand devrait pouvoir vous aider.


Ceux qui désirent faire des effets de longues expositions ont tout intérêt à choisir le 1000x (10 stops). Il existe une vieille règle en photographie, celle du « sunny 16 », qui équivaut à une vitesse d’exposition équivalente à l’ISO et l’ouverture réglée à f/16 lorsque l’on photographie en plein soleil. Donc, à ISO 100 la vitesse sera de 1/100 à f/16. Avec un 10 stops, on passe à 10 secondes :

1/100, 1/50, 1/25, 1/13, 1/6, 1/3, 1/6, 1.3 sec, 2.5 sec, 5 sec, 10 sec


Chaque fraction indiqué dans cette liste représente un stop (ou un cran) d’exposition, soit deux fois plus de lumière à chaque fois. Si vous vérifiez les ouvertures sur votre appareil, il faudra normalement changer l’ouverture par trois fois pour obtenir un stop complet; c’est que les appareils modernes sont ajustés pour montrer les tiers de stops.


Un autre filtre de densité neutre est particulièrement utile pour ceux qui font de la vidéo : le densité neutre variable. Ils ressemblent quelque peu aux filtres polariseurs, dans le sens qu’ils sont montés sur une bague que l’on tourne pour augmenter ou diminuer la densité du filtre. Les vidéastes sont confrontés à un problème particulier : ils sont limités à une vitesse spécifique. Par exemple, si on filme à 30 images/seconde la vitesse d’exposition doit être de 1/60 (toujours le double du nombre d’images par seconde). Si l’ISO est déjà au plus bas, il sera souvent impossible d’ouvrir le diaphragme pour obtenir une profondeur de champ limitée (ex. f/2.8). Puisque le niveau d’éclairage peut varier, il faudra soit avoir une collection de plusieurs filtres neutres, soit avoir un filtre variable que l’on peut ajuster en fonction de la luminosité et de l’ouverture désirée. Par contre, les densités neutres variables ne vont pas sans quelques désavantages. La plupart réduisent légèrement la netteté de l’image, un défaut pratiquement impossible à voir en vidéo mais qui peut faire une différence en photographie. Leur autre désavantage est l’apparition d’une « Croix de Malte », un « X » en plein milieu de l’image, lorsqu’ils sont réglés sur leur densité maximale. Certains manufacturiers (NISI entre autre) ont résolu le problème en empêchant la bague de réglage d’aller aussi loin; ils offrent une plage de densité allant de 1 à 5 stops plutôt que le 8 stops que l’on retrouve sur les variables plus denses.


Finalement, on retrouve également des filtres neutres gradués. Il s’agit de filtres carrés ou rectangulaires dont une moitié est claire alors que l’autre est de densité neutre. De tels filtres permettent de contrôler la luminosité d’un ciel trop clair par rapport à la luminosité du sol. Ils sont maintenus sur l’objectif dans une monture carrée derrière laquelle on ajoute une bague au diamètre approprié. Ici encore, la qualité à un prix : les bons filtres, en verre plutôt qu’en acrylique, peuvent coûter quelques centaines de dollars chacun. Suivant une période où tous les photographes pratiquaient le HDR, on voit un retour aux sources pour certains photographes avancés qui reviennent aux filtres gradués pour faire du paysage.


Les bons filtres coûte chers. Le photographe bien équipé risque le plus souvent d’avoir des optiques de diamètres différents. Plutôt que d’acheter une série de filtres pour chaque optique on prend un jeu de filtres pour le plus gros diamètre et une suite de bagues, des « step-up rings», qui permettront de monter un filtre plus large sur un diamètre plus petit. Ainsi, mes filtres neutre et polariseur sont des 77mm, et j’ai des bagues 62-77 et 72-77 pour les monter sur d’autres objectifs. La seule exception concerne évidemment les filtres de protection qui doivent être montés en permanence sur chaque objectif.


A l’occasion, j’entends encore des gens demander des filtres de type « soft » ou « centre soft » pour faire des effets. Quelques manufacturiers en font toujours, mais ils sont rares. La plupart des photographes travaillent aujourd’hui avec des logiciels de retouche comme Photoshop ou Gimp; de tels effets de flou ou d’adoucissements de l’image se font facilement avec les logiciels. On peut même doser l’effet selon le besoin, ce qui est impossible à faire avec un filtre.

Nombre de « crans » ou de « stops » de lumière coupé par le filtre

Densité optique Le "ND"

(pour Neutral Density)

Facteur de filtration

Souvent suivit d’un « X »

0

0

0 (Filtre clair)

1

ND 0.3

2

2

ND 0.6

4

3

ND 0.9

8

4

ND 1.2

16

5

ND 1.5

32

6

ND 1.8

64

7

ND 2.1

128

8

ND 2.4

256

9

ND 2.7

512

10

ND 3.0

1024 (ou 1000x)

No

LES PHOTOS:

Les filtres ronds sont les plus populaires. L’idéal est de se procurer le filtre du plus grand diamètre requis et de l’adapter à l’aide de bagues « step-up » pour par exemple mettre un filtre de 77mm sur un objectif de 72mm.


Si on désire par contre utiliser des filtres gradués pour contrôler la luminosité du ciel il est préférable d’opter pour des filtres carrés ou rectangulaires. Montés dans le support approprié il sera alors possible de monter ou descendre le filtre dans son support pour choisir la portion de l’image à assombrir.



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