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MINÉRAUX ET FOSSILES

Je collectionne les fossiles depuis ma jeunesse; j’ai d’ailleurs été membre du club de minéralogie de Montréal pendant plus d’une décennie. Cette familiarité avec le sujet m’a emmené à produire les photos de trois livres sur les fossiles de Montréal et des environs et deux livres sur les fossiles de la formation Molteno en Afrique du Sud. D’autres livres similaires sont également en préparation. C’est un travail qui m’a permis d’avoir accès à des collections importantes de plusieurs musées et universités.


Dans de telles situations il faut souvent suivre un protocole très rigoureux. Ainsi, les fossiles photographiés en Afrique du Sud ne devaient pas être touchés du doigt, encore moins brossés avec un pinceau ou une brosse; tout au plus pouvait-on souffler dessus pour tenter de se débarrasser des poussières les plus gênantes. Dans les réserves du Musée de la Nature il était totalement interdit d’entrer avec de la nourriture, au risque d’introduire des éléments pathogènes ou des moisissures qui pourraient mettre en danger certains spécimens.


Même fait de pierre en apparence solide, les minéraux et fossiles peuvent être très fragiles; il faut donc les manipuler avec soin. Dans le cas des spécimens que j’ai photographiés en musées, ils passaient de leur tiroir à une table de travail située tout au plus à deux ou trois mètres de distance. Les déplacements de chaque spécimen se faisaient toujours avec une main placée sous le spécimen pour éviter de l’échapper. Si on photographie une collection privée en présence du propriétaire, celui-ci pourrait même manipuler lui-même les spécimens, ne laissant au photographe que la prise de vue en elle-même.


Éclairer des minéraux n’est pas toujours facile; plusieurs d’entre eux possèdent des surfaces cristallines réfléchissantes qui peuvent causer des reflets désagréables. Dans bien des cas il faudra travailler avec une lumière tamisée. Certains iront même jusqu’à utiliser une « boîte de lumière » qui baigne le sujet d’une douce lumière uniforme. Personnellement, je préfère utiliser des lumières continues diffusées individuellement au besoin; ça permet un meilleur contrôle de la lumière, des ombres, et des reflets. Dans certaines circonstances, j’ai même tiré avantage d’une belle lumière naturelle en provenance d’une fenêtre, utilisant des réflecteurs pour dégager les ombres.


De leur côté, les fossiles sont généralement plus faciles à éclairer. Ils ne présentent que rarement des cristaux qui peuvent être gênants. Le plus souvent, c’est l’angle de l’éclairage qui sera plus important : un angle fermé crée un éclairage rasant qui fait ressortir les détails. Certains fossiles ont toutefois intérêt à être éclairé en lumière polarisée; celle-ci fera ressortir des détails autrement invisibles. Pour ce faire, il faudra placer un filtre polariseur sur la source d’éclairage et un autre sur l’objectif. En tournant le filtre de l’objectif on élimine plus ou moins les reflets sur la surface de la pierre.


Avant de procéder il vaut mieux poser quelques questions, d’abord sur la manipulation des spécimens (on demande parfois de porter des gants), puis sur les conventions à respecter. Des images à caractères artistiques peuvent être photographiées au goût du photographe mais les photos scientifiques doivent respecter certaines conventions. Par exemple, les fossiles de bivalves sont toujours photographiés avec la « penture » en haut, alors que les gastropodes (les escargots) sont photographiés avec la pointe en haut et leur opercule en bas autant que faire se peut. Idéalement, la lumière provient d’en haut et à gauche du sujet. Dans bien des cas il faudra également fournir une échelle pour connaître la taille du sujet. On procède donc de la façon suivante : une première image est réalisée avec une échelle de taille appropriée placée le long du sujet. Il est également utile d’inclure le nom ou l’identification du sujet pour éviter les erreurs subséquentes. On fait ensuite les photos principales. En post production il sera alors possible d’ajouter une ligne ou autre marque de la bonne dimension pour indiquer la taille du sujet. Mais pourquoi toutes ces conventions? C’est pour rendre l’identification de spécimens plus facile lorsque l’on utilise des images de diverses sources; si toutes les images suivent les mêmes conventions il sera plus facile de les comparer.


Fossiles et minéraux sont une source de photographies fascinantes mais aussi un défi constant pour obtenir les meilleures images possibles.



LES PHOTOS



Une collection de minéraux a été photographiée chez le collectionneur dans le but de publier une série de cartes d’identification. La lumière provenant de la fenêtre était suffisante; il a suffi d’utiliser un bon trépied et une lumière d’appoint ou un réflecteur pour dégager les ombres.

Olympus E-M1 Mark II. 60mm macro, 2 sec à f/11, ISO 400


Dans la même série de photos, j’ai utilisé alternativement des plexiglas blancs ou noirs selon la teinte du spécimen à photographier.

Olympus E-M1 Mark II. 60mm macro, 1 sec à f/11, ISO 400


Ce spécimen de la collection du club de Minéralogie de Montréal a été photographié avec une simple lampe et un réflecteur. Le positionnement de la source lumineuse a permis de faire ressortir tous les détails.

Canon 20D, 100 macro, 0.4 sec à f/14, ISO 100


Toutes les techniques de photographie peuvent être mises à contribution. Ici, 13 images ont été empilées (en « stacking ») pour avoir la profondeur de champ souhaitée.

Canon 7D, 100 macro, 1/125 à f/11, ISO 160


Une autre technique assez spéciale, le « light painting », a été utilisée sur ces deux sections de fossiles, la « partie » et « contrepartie ». Une simple lampe de poche a servi à « peindre » le fossile dans la noirceur du studio.

Canon 7D, 50 macro, 30 sec à f/11, ISO 500


Avec les photos plus artistiques on peut se permettre quelques fantaisies. Ainsi ce fond dégradé qui a été réalisé simplement en plaçant un carton noir au-dessus et vers l’arrière du fossile; le carton bloque simplement la lumière provenant d’un flash placé en haut et devant le sujet.

Olympus E-M1, 60mm macro, 1/60 à f/11, ISO 400



Un autre exemple de variations que j’ai déjà utilisé avec des pièces de monnaie. Le fossile est simplement perché sur un support de fil de fer.

Canon 40D, 100 macro, 1/80 à f/6.3, ISO 100




Certains minéraux sont particulièrement colorés en lumière ultraviolette. Il suffit d’avoir la lampe appropriée et de travailler à la noirceur.

Canon 6D, 100 macro, 1/125 à f/16, ISO 320; en lumière naturelle

Canon 6D, 100 macro, 2 sec à f/11, ISO 3200; en lumière UV avec une lampe


En UV, certains minéraux donnent l’impression de tenir des tisons ardents à la main… Il faut par contre faire attention : les rayonnements UV peuvent être nocifs dans certaines circonstances. On évite donc les expositions prolongées, particulièrement au niveau des yeux.

Canon 6D, 50 macro, 0.6 sec à f/10, ISO 20 000




Une autre façon de voir des choses invisibles à l’œil nu est de travailler avec une caméra modifiée pour photographier en infra-rouge. La modification n’est pas très onéreuse et permet de faire des images hors du commun.

Canon 7D, 100 macro, 1/160 à f/13, ISO 320; en lumière naturelle et infra-rouge avec caméra modifiée




Sans aller aussi loin, certains spécimens révèlent plus de détails en travaillant en lumière polarisée. Il faut alors ajouter un filtre sur la source de lumière et sur l’objectif pour bloquer tous les reflets et mieux voir certains détails.

Canon 7D, 100 macro, 1/80 à f/11, ISO 320; en lumière naturelle et en lumière polarisée



Les photos à caractères scientifiques doivent être d’abord photographiés avec une échelle pour pouvoir ajouter un étalon de grandeur à la photo finale.

Olympus E-M1 Mark III. 60mm macro, 1/5 à f/16, ISO 400



Idéalement, la première photo d’une série devrait également inclure l’identification du sujet pour éviter les erreurs subséquentes.

Olympus E-M1 Mark II. 60mm macro, 1/50 à f/6.3, ISO 800


Parmi les nombreuses conventions à respecter, les gastropodes doivent être photographiés la pointe en haut et l’ouverture (nommé opercule) en bas.

Canon 6D, 100 macro, 1/80 à f/16, ISO 160


Pour mieux identifier les spécimens il faut parfois les photographier sous tous les angles. Dans de tels cas, je monte souvent toutes les images ensemble; on voit alors le même sujet de face, de dos, de côté, du dessus, et du dessous.

Canon 20D, 100 macro, 1/200 f/16, ISO 200


Une double page d’un livre sur lequel j’ai travaillé en Afrique du Sud, les Kannascoppia de la formation Molteno.


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