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RENDRE SON FLASH PLUS PUISSANT

Les flashes n’ont pas la cote avec beaucoup de photographes, encore plus lorsqu’il est question de faire de la photo en nature. Les photographes ont alors tendance à préférer la lumière naturelle. La plupart du temps, c’est très bien; on pourrais même dire que c’est idéal, puisque c’est la lumière qui définit souvent le sujet et lui donne son cachet particulier. Pensez simplement aux fleurs ou aux arbres éclairés à contre-jour. Pourtant, l’usage d’un flash s’avère souvent très utile pour rehausser la qualité d’une image, et dans certains cas, son absence résulte dans une image qui prendra rapidement le chemin de la poubelle.

 

Les oiseaux ou les petits mammifères se retrouvent souvent dans les sous-bois mal éclairés. Dans certains cas la photo peut se faire de façon raisonnable, avec un ISO relativement bas et une vitesse acceptable, surtout avec l’avantage des stabilisateurs qui équipent les appareils modernes. Mais dans d’autres situations, l’ajout du flash permettra de donner juste assez de lumière pour rajouter un peu de vie à une image qui serait autrement terne et sans intérêt.


Le problème avec ce genre de photos c’est que le sujet sera le plus souvent relativement loin. En plein air, la lumière d’un flash se disperse et se perd puisqu’il n’y a pas de murs pour la réfléchir, en conséquence de quoi la portée du flash, même le plus puissant, sera limitée tout au plus à quelques mètres. Pour éclairer un oiseau ou un écureuil photographié au téléobjectif, il faudra concentrer la lumière pour la projeter plus loin.


Il existe un accessoire indispensable pour tout photographe qui désire utiliser son flash à l’extérieur. Connus sous le nom de « flash extenders », qui pourrait se traduire par « extenseur de flash », il s’agit invariablement d’une lentille de fresnel maintenue quelque distance devant le flash. Cette lentille est une sorte de loupe de plastique très légère qui concentre la lumière du flash. On trouve ces accessoires sous plusieurs marques, comme Vello Flash, MagMod MagBeam, ou le modèle original, le Better Beamer. Ce dernier fait partie de mon arsenal d’accessoires depuis des années. Le prix des extensions de flash varient d’une quarantaine de dollars à un peu plus d’une centaine. Tous fonctionnant sur le même principe, de sorte que même le moins cher pourra faire l’affaire.


Comme pour les autres accessoires du genre, le Better Beamer existe en plusieurs versions qui sont adaptées à la dimension du flash. Par contre, avec un peu de velcro placé judicieusement sur la tête du flash, il est souvent possible de l’adapter à différentes dimensions. Comme toujours, c’est important de bien lire les instructions qui viennent avec l’accessoire. On y retrouve entre autres la position de « zoom » idéale à utiliser sur le flash pour maximiser sa portée. On trouve également un avertissement qu’il faudra prendre au sérieux : on suggère fortement de retirer la lentille de fresnel lorsque l’accessoire n’est pas utilisé. J’ai un ami qui l’a appris à ses dépens : la lentille a concentré la lumière du soleil sur le devant de son flash, qui s’est mis à fondre…

  

Si ces accessoires sont particulièrement utiles dans la photo au flash à distance, ils ont toutefois leurs limites. Celle-ci est liée directement au flash utilisé, non seulement en fonction de sa puissance, mais également dans son utilisation. Pour tirer le maximum de son flash, il faudra donc bien le maîtriser.

 

Tous les flashs ont une vitesse maximale de synchronisation. Dans ma jeunesse, elle était de 1/60, mais les flashs plus récents ont souvent une vitesse de synchro plus rapide. Vérifiez avec votre appareil. Il s’agit ici de la vitesse la plus rapide qu’on peut utiliser, mais rien n’empêche de travailler avec une vitesse plus lente. Pour balancer la lumière du flash avec la lumière ambiante, on débute donc avec cette dernière, en ajustant la vitesse, l’ouverture, et si nécessaire l’ISO, pour obtenir une exposition acceptable. Parfois, je vais légèrement sous-exposer la lumière naturelle; le flash permet alors de mieux détacher le sujet du fond. Mais la plupart du temps, on règlera la puissance du flash à la baisse; le flash est alors utilisé pour dégager les ombres; on dit souvent qu’il est un « flash d’appoint ». Dans le cas de la photo d’oiseaux ou de mammifères, l’usage du flash sera le plus souvent limité à dégager les ombres ou à ajouter un « catch light », un rayon de lumière pour faire scintiller l’œil du sujet.


La lumière du flash sera contrôlée soit directement sur le flash ou sur le boîtier, selon les modèles. On réduit généralement la puissance du flash de 2/3 ou 1 stop par rapport à la normale. Pour bien apprécier les capacités de son équipement et les réglages appropriés, un truc est de pratiquer sur quelque chose d’immobile. On pourrait utiliser des appeaux, comme les canards artificiels utilisés par les chasseurs. Ceci-dit, je me suis souvent contenté de photographier une branche d’arbre ou quelques feuilles à distance pour juger de l’effet de mes réglages.


Lorsque la distance augmente, l’effet du flash tend à disparaître. Si vous tentez augmenter la lumière du flash et que le résultat ne semble pas changer, c’est que vous avez atteint sa portée maximale. Pour espérer que le flash ait un effet il faudra alors augmenter l’ISO, ou réduire l’ouverture.


J’avoue que depuis l’arrivée d’appareils numériques plus sensibles à la lumière, j’utilise beaucoup moins mes flashs électroniques. Mais je ne les ai pas oubliés pour autant. Sortez-les de temps à autre, question de garder la main. Avec un peu d’imagination et le goût d’expérimenter, vous devriez également être en mesure d’en tirer des images intéressantes.

 

 LES PHOTOS

 


Le Better Beamer monté sur un de mes Olympus. Équipé de la sorte, le flash sera en mesure d’éclairer un sujet assez loin pour être photographié avec le 300 mm.

 


L’accessoire se compose de deux supports en plastique léger mais rigides. Ils sont montés sur le flash et maintenus en place à l’aide de Velcro. Du Velcro maintient également la lentille de fresnel sur les supports.

 


Mon second voyage au Costa Rica a été un terrain fertile pour utiliser le projecteur de flash. Cet oiseau a été photographié sans flash. On le voit, mais le contre-jour le limite pratiquement à une silhouette.

Canon 7D, 100-400 à 400 mm, 1/320 à f/11, ISO 160

 


L’ajout du flash fait toute la différence. Le ciel est toujours aussi bleu, mais cette fois on peut apprécier les couleurs de l’oiseau.

Canon 7D, 100-400 à 400 mm, 1/250 à f/11, ISO 160, Flash 550EX

 


Un autre oiseau photographié sans flash…

Canon 7D, 100-400 à 330 mm, 1/60 à f/8.0, ISO 640

 


L’ajout du flash rend les couleurs plus vives. Notez également le « catch light » dans l’œil de l’oiseau.

Canon 7D, 100-400 à 330 mm, 1/100 à f/9.0, ISO 640, Flash 550EX

 


Même s’il était dans une meilleure lumière, le flash a tout de même un effet dans cette image. On voit mieux les détails sous la poitrine de l’oiseau, qui serait beaucoup plus sombre sans le flash.

Canon 7D, 100-400 à 390 mm, 1/200 à f/8.0, ISO 160, Flash 550EX

 


Ces petites perruches me visitaient régulièrement pour se nourrir dans les arbres de ma maison de location. Sans flash, on ne verrait qu’une silhouette sur un fond de ciel.

Canon 7D, 100-400 à 400 mm, 1/250 à f/11, ISO 320, Flash 550EX

 


Le « catch light » est bien visible dans cette photo de Trogon.

Canon 7D, 100-400 à 400mm, 1/250 à f/10, ISO 640, Flash 550EX

 


Évidemment, les oiseaux du Costa Rica ne sont pas les seuls à bénéficier de la lumière d’un flash. Cet écureuil entamait son repas sur une branche à l’ombre du sous-bois. Le flash a dégagé le contre-jour.

Canon 7D, 100-400 à 375mm, 1/100 à f/8.0, ISO 500, Flash 550EX

 


Différent continent, mais problèmes similaires. Lors de mes voyages en Afrique du Sud, j’ai eu l’opportunité de photographier de nombreuses espèces d’oiseaux dans la cours de mon hôte. Bien souvent, les conditions de lumière étant difficiles, j’ai utilisé le flash et son extension.

Canon 7D, 100-400 à 310mm, 1/60 à f/8.0, ISO 320, Flash 550EX

 


Ce Tisserand était haut dans un arbre et en contre-jour. Le flash a dégagé les ombres et ajouté un « catch light » dans l’œil de l’oiseau.

Canon 7D, 100-400 à 400mm, 1/250 à f/8.0, ISO 160, Flash 550EX

 


Il n’y a pas que les oiseaux et les mammifères qui ont parfois besoin d’un peu de lumière à distance. Photographié à l’ombre, ce lézard basilic du Costa Rica a bénéficié de l’ajout de lumière; ses couleurs sont plus vive et son œil a reçu ce petit point de lumière qui lui donne vie.

Canon 7D, 100-400 à 400mm, 1/100 à f/8.0, ISO 400, Flash 550EX

 


Ce nid de guêpe était construit à bonne hauteur, sous le soffite du toit de la maison. Le flash était nécessaire pour bien éclairer les insectes; le projecteur de flash a permis d’avoir assez de lumière.

Olympus E-M1 Mark II, 300mm et 1.4x, 1/60 à f/10, ISO 400, Flash FL600

 

 

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