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SEESTAR S50, L’AVENTURE CONTINUE…

Il y a quelques mois, j’ai écrit sur mon dernier jouet, le télescope « intelligent » Seestar S50. En combinant lectures et pratique, sans oublier un certain nombre de vidéos sur Youtube, je suis devenu de plus en plus à l’aise avec mon nouvel appareil. J’ai appris qu’il faut être patient avec la bête. Par exemple, pour l’allumer il faut garder le doigt sur l’interrupteur pendant un bon deux secondes, sinon rien ne se produit. Il faut ensuite attendre que l’appareil nous dise (en anglais) qu’il est prêt à être connecté à la tablette. Une fois le lien complété, on peut le sortir au froid et retourner au chaud dans le salon… On choisit ensuite une cible, et on attend encore pendant plusieurs minutes que le télescope l’ait trouvé, pour ensuite performer une série d’actions automatisées d’alignement et de focus. Finalement, une première image apparaît; celle-ci s’améliorera avec le temps alors que les clichés s’empilent les uns sur les autres.


On a le choix d’empiler des images de 10, 20, ou 30 secondes. Comme mentionné dans mon premier blogue, plusieurs images seront rejetées automatiquement, mais contrairement à ce que je croyais au début, le logiciel ne rejette pas nécessairement les images suite au passage d’un satellite ; j’ai dû retoucher plusieurs photos qui ont été gâchées par de telles traînées. Mais un peu plus de recherche de ma part a révélé une astuce supplémentaire de l’application installée sur ma tablette. En choisissant de conserver tous les « subs » il est possible de revoir toutes les images, éliminer les fautives, pour les empiler à nouveau.  Une fois l’image assemblée, on peut toujours utiliser le logiciel intégré pour faire quelques ajustements de contraste et de saturation pour obtenir un résultat très acceptable pour la plupart des utilisateurs.


Plusieurs sujets sont trop grands pour entrer dans le champ de vision du Seestar, mais l’application offre une porte de sortie. En visionnant le sujet choisi sur la carte du ciel intégrée, on a l’option de la recadrer. On peut pivoter l’image ou de réduire le grossissement pour prendre jusqu’à deux fois plus large. Le logiciel passe alors en mode « mosaïque » : il réalise, une série d’images en bougeant légèrement le télescope pour prendre des images à gauche, à droite, en haut et en bas, selon le besoin. Toutes ces images sont automatiquement assemblées. Par contre, il faut être patient ; pour obtenir une telle mosaïque on dit généralement qu’il faut doubler le temps d’exposition normal pour une image simple. En photo d’astronomie, il ne faut pas s’attendre à finir une soirée de photos avec des dizaines de sujets…


Au final, ce n’est pas parce que le télescope est actif pendant deux heures que l’on obtient deux heures d’expositions ; par expérience, on obtient au mieux un peu plus de 50 % d’images conservées, et j’ai même eu un maigre trente minutes pour deux heures de prises de vues. S’il est vrai que des expositions de 20 ou 30 secondes amélioreraient le ratio signal/bruit, et donc réduiraient en théorie le bruit numérique, la quantité d’images rejetées plus longues risquerait également d’allonger le temps de travail nécessaire pour faire une image. Pensez-y : si un évènement quelconque ruine une image de 30 secondes, il aurait été possible de faire deux images de 10 secondes après le passage de la nuisance. Un autre problème, que j’ai vécu, est que le télescope travaille normalement avec une monture « alt-azimut » qui peut causer des effets de distorsion selon la hauteur et la position du sujet. Le télescope affiche alors la présence de « star trails » rejette l’image, et suggère d’utiliser une exposition plus courte.


Un avantage supplémentaire de conserver toutes les images est la possibilité de combiner plusieurs soirées d’observation en une seule image. Le logiciel intégré ne se préoccupe pas de savoir si les images ont été faites le même soir ou à quelques semaines d’intervalle. Les « subs » sont conservés ensembles et on peut donc combiner autant d’images que l’on veut. Par contre, on ne peut pas combiner des images « simples » et des « mosaïques », celles-ci étant conservées dans des dossiers séparés et avec une extension différente.


Le Seestar brille de mille feux avec les sujets de ciel profond; il s’avère même plus performant que mon gros télescope de 8 pouces équipé d’un appareil reflex. Mais pourquoi? Le secret réside d’abord dans son capteur. Bien que de taille modeste, le capteur Sony dont il est équipé est du type « rétro-éclairé » (voir fr.wikipedia.org/wiki/Capteur_rétro-éclairé), qui est beaucoup plus sensible à la lumière qu’un capteur normal. C’est également un capteur conçu pour limiter le bruit numérique (Super High Conversion Gain dans le jargon Sony). L’autre avantage est la présence de deux filtres qui augmentent la sensibilité de la caméra aux sujets du ciel profond : un IR (Infra Rouge) et un OIII (Oxygène 3). Me procurer ces deux filtres pour en équiper mon Celestron coûterait pratiquement le prix du Seestar…


Il est un peu plus faible avec notre système local. Le filtre solaire fourni avec le télescope, bien qu’efficace, est un peu dense et trop rouge à mon goût. Très tôt, j’ai eu envie d’utiliser un autre filtre, un Baader, qui donne une image assez contrastée en noir et blanc. Le problème était de fixer un filtre sur l’optique du télescope, qui n’est pas équipé d’un pas de vis pour y fixer des filtres. Je me suis mis à chercher des accessoires sur le Web, en espérant trouver d’autres options au filtre solaire d’origine. J’ai rapidement trouvé une collection d’accessoires intéressants. Fabriqués avec une imprimante 3D (mon prochain jouet?!) l’ensemble inclus un bouclier anti-rosée, une sorte de long pare-soleil qui peut également avoir l’avantage de bloquer les reflets causés par les phares d’une automobile de passage. L’ensemble inclus aussi un masque de Bahtinov, qui peut aider à faire une mise au point précise sur les étoiles, et un adaptateur pour filtre astronomique de 2 pouces. Certains ensembles incluent des filtres de diffraction pour donner des pointes aux étoiles brillantes. Fidèle à mon habitude de fabriquer ou modifier mes propres accessoires, j’ai ajouté une bague de 62mm sur le tube anti-rosée, ce qui me permet désormais de monter un de mes filtres solaires monté sur bague, ou tout autre filtre que j’aurais le goût d’utiliser avec le Seestar, comme un polariseur.


Là encore, une meilleure connaissance de l’appareil a permis d’améliorer mes résultats. Plutôt que de faire une simple photo du soleil ou de la lune, on peut faire des vidéos. En choisissant le mode RAW, les images de ce vidéo peuvent ensuite être « stackées », ce qui augmente la netteté. Une fois complété, l’empilement peut être édité. En augmentant le contraste, la saturation et la netteté, on peut obtenir d’excellentes images des taches solaires, sans toutefois avoir la possibilité de faire des gros-plans de qualité. Ce manque de grossissement limite également les capacités du télescope dans la photographie des planètes.


Il y a des années, l’arrivée des caméras numériques a rapidement démocratisé la photographie pour les amateurs. À n’en pas douter, l’avènement de ces télescopes numériques est en train de faire la même chose pour l’astrophotographie. Il n’est plus nécessaire d’investir des dizaines de milliers de dollars et passer des années à maîtriser équipement et technique pour obtenir d’excellentes images astronomiques.

 

LES PHOTOS 


La galaxie M33 photographiée en mode « mosaïque », qui permet de prendre une image plus large qu’une photo unique. Mais celle-ci est gâchée par le passage de trois satellites.

Seestar S50, 3750 sec à ISO 80.

 


En examinant les photos individuelles, j’ai localisé et effacé les images fautives avant de les « stacker » à nouveau à l’aide de l’application du télescope. Le résultat a ensuite été traité dans Siril et Photoshop.

Seestar S50, 3730 secondes à ISO 80, réassemblé en enlevant quelques photos fautives.

 

L’application du Seestar occupée à assembler des images en mode mosaïque. On voit bien en haut et en bas de l’écran les portions qui sont encore noires, en attente de photos supplémentaires pour combler les vides.

 

L’image stackée aura toujours besoin d’être travaillée. Il faut la recadrer, et ajuster la luminosité, le contraste, et la saturation.

Seestar S50, 7290 secondes, ISO 80

 

Le résultat final est très intéressant.

Seestar S50, 7290 secondes, ISO 80

 

NGC281, la nébuleuse Pacman. La grande force du Seestar S50 est sa capacité à accumuler des images du ciel profond. Deux filtres intégrés à la caméra (OIII et Infra Rouge) sont mis en place automatiquement par l’appareil.

Seestar S50, 1800 secondes, ISO 80

 

Une autre nébuleuse, NGC2174, surnommée nébuleuse Tête de Singe. Si l’image précédente a été sauvegardée au format horizontal, le format 16x9 vertical semble parfaitement adapté pour ce sujet.

Seestar S50, 3600 secondes, ISO 80.

 

NGC1952 ou  M1. En l’an 1054, les astronomes chinois et japonais ont consigné leurs observations d’une « nouvelle étoile » qui a été visible en plein jour pendant 3 semaines. On sait aujourd’hui qu’il s’agissait d’une Super Nova, soit l’explosion d’une étoile massive que l’on voit aujourd’hui comme la nébuleuse du Crabe.

Seestar S50, 8700 secondes, ISO 80

 

 

Une exposition de trois heures étalée sur plusieurs soirées a donné une photo très acceptable de la Galaxie d’Andromède.

Seestar S50, 10520 secondes (2,92 heures sur trois soirs) en mosaïque, ISO 80. Stack manuel et traitement avec Siril et Lightroom.

 


Après la très lumineuse Andromède, j’ai tenté ma chance avec des galaxies moins évidentes, même si elles sont des classiques, comme Messier 101.

Seestar S50, 11820 secondes (3,28 heures en plusieurs sessions), ISO 80. Stack manuel et traitement Siril et Lightroom

 

Les galaxies se trouvent souvent en groupe. Celui-ci a le surnom de Trio Leo, photographié en mosaïque.

Seestar S50, 6300 secondes en plusieurs sessions, ISO 80, stack manuel, traitement application Seestar.

 

Une autre paire de galaxies, M 81 et NGC 3077, tiennent dans une seule image.

Seestar S50, 3600 secondes, ISO 80

 

L’étoile Betelgeuse photographiée avec un filtre de diffraction qui donne un effet intéressant, mais à utiliser de façon parcimonieuse…

Seestar S50, 70 secondes, ISO 80, filtre de diffraction.

 

Si le Seestar S50 brille avec les sujets de ciel profond, il est moins efficace avec les planètes de notre système solaire. Pour obtenir cette image de Jupiter et de ses lunes principales j’ai réalisé deux clichés, un pour la planète et un pour les lunes, que j’ai ensuite combiné dans Photoshop.

Seestar S50, exposition non enregistrée.

 

Le filtre solaire fourni avec le télescope ne m’a pas apparu idéal lors de mes premiers essais. L’utilisation d’un filtre Baader me donne des résultats plus nets et plus faciles à contrôler.

Seestar S50, images d’une vidéo de 30 secondes empilées avec le logiciel de l’application.

 

Plutôt que de faire une simple image de la Lune, on peut faire une vidéo que l’application Seestar peut ensuite stacker pour obtenir une photo avec une meilleure résolution.

Seestar S50, images d’une vidéo de 30 secondes empilées avec le logiciel de l’application.

 


Photographiée pendant une soirée moins qu’idéale, avec un léger voile de nuage, la Grande Nébuleuse d’Orion donne tout de même une photo intéressante.

Seestar S50, 3040 secondes, ISO 80.

 

La même nébuleuse avec un ciel clair parait beaucoup plus nette.

Seestar S50, 5410 secondes (1,5 heure ) en quelques sessions mosaïque. Stack manuel, traitement Lightroom.

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