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LA PHOTO AU TÉLESCOPE

Avertissement: Si vous désirez vous lancer dans la photographie au télescope, attendez vous à dépenser beaucoup d’argent, de temps, de frustrations, et de recherches pour tenter d’améliorer vos (mauvaises) photos… Voilà, vous êtes prévenus…


Ceci dit, la photographie au télescope peut également s’avérer passionnante, surtout pour ceux qui aiment les défis techniques. Ce qui suit n’est qu’une introduction; pour aller plus loin je vous conseille deux livres : Les secrets de l’astrophoto de Thierry Legault et Photographier le ciel en numérique de Patrick Lécureuil.


D’abord, le télescope. On les divise en deux grandes catégories : les réfracteurs et les réflecteurs. Les premiers sont des lunettes, un peu comme un téléobjectif photo; à moins d’y aller pour une lunette de grande qualité (très coûteuse), mieux vaut simplement utiliser un téléobjectif et un système de guidage, comme vu dans un blogue précédent. Les réflecteurs utilisent des miroirs concaves pour concentrer la lumière. Le classique télescope de Newton est un réflecteur, mais la plupart des photographes préfèrent travailler avec un Schmidt-Cassegrain ou un Ritchey-Chrétien (nommés en fonction de leurs créateurs); dans ces télescopes, la lumière passe par un premier miroir, puis par un second, avant de retourner à l’arrière du télescope par une ouverture pratiquée au milieu du miroir principal. Cette configuration permet de faire un télescope beaucoup plus court et portable qu’un Newton, en plus d’être plus facile à balancer.


Le télescope n’est que le premier élément dont vous aurez besoin. Il faudra le monter sur une bonne monture. L’idéal pour la photographie demeure une monture dite équatoriale, qui permet de faire tourner le télescope au même rythme que la rotation terrestre (Photo 01). Les montures en forme de fer à cheval, nommées altazimut, peuvent causer des problèmes avec les longues expositions. Il faudra alors leur adjoindre un autre élément en forme de coin qui permettra de mieux suivre le mouvement circulaire de la voute céleste.


Étape suivante, monter l’appareil photo sur le télescope. La façon la plus simple est de le monter directement à l’aide d’un adaptateur (photo 02). Avec cette configuration, le télescope est en quelque sorte utilisé comme simple téléobjectif et le grossissement sera celui de sa focale, typiquement l’équivalent d’un 2000mm. Dans certains cas, on voudra tout de même réduire ce grossissement, d’abord pour voir plus large (comme pour photographier une pleine lune ou une grande nébuleuse), mais aussi pour capturer plus de lumière. On ajoute alors un « réducteur de focale », qui réduit la focale par un facteur de 37%, augmente la luminosité, en plus d’aplanir l’image, ce qui réduit les distorsions dans les coins de l’image.


Pour beaucoup d’objets célestes, il faudra par contre augmenter notre grossissement si on espère un tant soit peu remplir l’image avec le sujet. La première solution consiste alors à utiliser un oculaire sur lequel sera monté l’appareil. Bien qu’il existe divers adaptateurs permettant de monter l’appareil sur n’importe quel oculaire, j’utilise désormais des oculaires Ultima Duo de Celestron qui sont dotés d’une monture T de 42mm sur laquelle on visse une monture pour recevoir le boitier d’un appareil photo (photo 03). En évitant les adaptateurs plus ou moins alambiqués, on évite également les risques de désaxer l’ensemble oculaire-appareil, ce qui peut causer des distorsions d’un côté de l’image. Pour connaitre le grossissement obtenu avec un oculaire, on divise la focale du télescope par la focale de l’oculaire, par exemple, avec mon Celestron on obtient: 2030/13 qui donne un grossissement de 156x avec un oculaire de 13mm ou encore 2030/8 = 253x pour un oculaire de 8mm.


Ceux qui aspirent à photographier les planètes découvrent rapidement que même l’oculaire avec le plus de grossissement ne sera pas assez puissant. Il faut alors passer à un autre type de caméra : une petite caméra USB que l’on utilise le plus souvent avec un multiplicateur de focale nommé « barlow » en astronomie (photo 04). Ces caméras ont un capteur beaucoup plus petit que celui d’un appareil photo traditionnel, ce qui leur permet d’enregistrer une toute petite portion de l’image captée par le télescope. Elles sont reliées à un ordinateur par câble USB et produisent non pas une simple image, mais une vidéo qui peut durer plusieurs minutes. L’avantage, c’est que la vidéo est formée d’un grand nombre d’images individuelles qui seront ensuite traitées par des logiciels qui ne conservent que les meilleures images pour les empiler et ainsi augmenter la netteté de l’image finale.


L’acquisition des images se fait de la même manière que ce qui a été expliqué dans la photo d’astronomie sans télescope : typiquement, on fait plusieurs centaines d’images, avec également des « darks », des « flats », et des « bias », qui seront traités avec les logiciels appropriés. On passe généralement plus de temps à faire le traitement qu’à prendre les images. Mon prochain blogue portera sur le traitement et les logiciels.


Pour débuter, on peut déjà s’amuser pendant des semaines avec la lune (j’ai également écrit un blogue sur la photo de lune). Elle a l’avantage d’être lumineuse et facile à trouver, ce qui fait que la mise au point est facile à faire et les temps d’exposition demeurent assez courts. La pollution lumineuse ne sera pas un problème et on peut la photographier même en pleine ville. Le plus difficile sera souvent de trouver une journée ou l’air sera suffisamment stable pour éviter les distorsions produites par l’air agité de convections. Il faut parfois attendre plus tard pour que la chaleur qui monte des zones bétonnées se soit dissipée; c’est là qu’un lieu d’observation en campagne s’avère plus intéressant.


LES PHOTOS

Photo 01: Mon Celestron monté sur sa monture équatoriale.


Photo 02: La façon la plus simple de monter un appareil photo sur un télescope est à l’aide d’un adaptateur, un simple tube creux qui se visse sur la monture T du télescope et accepte une monture adaptée à l’appareil photo utilisé.


Photo 03: Pour plus de grossissement, on monte l’appareil photo sur un oculaire, soit avec un adaptateur approprié ou directement, comme avec mes oculaires Celestron Ultima Duo sur lequel j’ai vissé la bonne monture pour mon appareil.


Photo 04: Pour la photo planétaire, j’utilise la petite caméra NexImage 5 de Celestron, le plus souvent avec une « barlow » de 2x.


Utilisé sans réducteur de focale, mon Olympus ne peut pas enregistrer la totalité de la lune. Pour cette image, deux photos ont été réalisées et montées comme un panoramique.

Olympus EM-1 Mark III sur Celestron, 1/125, ISO 320, montage de deux images


Pour obtenir plus de grossissement, il faut utiliser un oculaire. Ici, le réducteur sert à « aplanir » l’image pour moins de distorsions dans les coins.

Olympus EM-1 Mark II sur Celestron avec réducteur et 8mm, 1/13, ISO 400


Une image intéressante d’une faille, Vallis Alpes, dans le quartier nord-ouest de la lune. Le cratère au centre est Cassini, et les montagnes à sa droite sont les Montes Caucasus.

Olympus EM-1 Mark III sur Celestron avec 13mm, 1/6, ISO 800


Même si je préfère maintenant travailler avec une caméra web pour faire des photos planétaires, on peut parfois obtenir des résultats intéressants avec Vénus, qui est plus grosse. Cette photo d’un quartier de Vénus a été fortement recadrée.

Canon 7D, Meade ETX90, 1/15, ISO 320


Ma meilleure image de Mars. On peut distinguer la calotte polaire.

NexImage 5 sur Celestron, empilement de 75 images.


Jupiter et la Grande Tache Rouge. Du travail supplémentaire en post-production devraient donner une image avec plus de détails.

NexImage 5 sur Celestron, empilement de 80 images.


Une de mes bonnes images de Saturne.

NexImage 5 sur Celestron, empilement de 50 images.


Le dernier transit de Vénus, le 5 juin 2012. On voit la planète qui passe devant le soleil, le tout photographié à l’aide d’un tout petit télescope de 4 ½ pouces. Pour ceux qui voudraient faire la même image, il faudra patienter un peu… les prochains transits étant prévus pour les 10-11 décembre 2117 et 8 décembre 2125…

Canon 7D sur Meade ETX90, filtre Baader, 1/60, ISO 640

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