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Mon Éclipse…

Pour tous les astronomes amateurs, la date du 8 avril 2024 vas rester dans les annales comme étant la seule éclipse solaire totale de leur vivant. La précédente datait de 1972; je l’ai vécue, mais mes souvenirs sont vagues. Il en sera tout autrement de celle que l’on vient de vivre.


Les semaines qui ont précédé l’évènement ont été stressantes. Avec tout le battage médiatique, sans compter l’hystérie collective générée en grande partie par le ministère de l’éducation (Arghhh, il faut enfermer tous les enfants à la maison et fermer les rideaux sinon ils vont tous être aveugles!),  je craignais que la journée fatidique arrive avec un couvert nuageux, du vent, de la pluie, ou une tempête de neige! Mais plus on s’approchait du 8 avril, plus la météo nous semblait favorable.


J’habite à quelques kilomètres du Bic, dans le Bas-Saint-Laurent, une région où l’éclipse prévue n’était que partielle. J’ai donc commencé à chercher des endroits qui se trouveraient dans la zone de totalité. J’ai brièvement considéré la région du Mont Mégantic, mais je l’ai rapidement rejetée, pensant, avec raison, que le parc serait envahi par les amateurs. Un cousin habitant près de Sherbrooke m’a invité à me joindre à son club d’astronomes amateurs dans un parc qu’ils avaient réservé pour l’évènement. Mais pour m’y rendre il m’aurait fallu rouler au minimum 6 heures, avec le risque de rencontrer le trafic de l’heure de pointe à Québec. Comme j’ai dit à mon cousin, c’est la météo qui devait décider.


La bande de totalité passait par le Nouveau-Brunswick, à environ trois heures de route. Une petite ville, Bristol, se trouvait presque au centre de la bande. En examinant la carte sur Google Map, j’ai repéré un petit parc, Riverside Park, qui semblait suffisamment dégagé pour offrir une bonne vue de l’éclipse. Jeudi, la météo prévoyait une journée ensoleillée avec passages nuageux… Même chose vendredi… Je me voyais déjà obligé de faire 6 heures de routes au risque de me retrouver à Bristol avec une bande de nuages passant devant le soleil juste au moment de la totalité! Mais samedi, puis dimanche, la météo s’est précisé : dégagé et sans nuages jusqu’en fin de journée. La décision était prise.


Lundi matin, j’ai pris la route vers 9 :00, pour arriver à Bristol vers l’heure du diner. En cours de route, je repérais également des sites potentiels les « plans B, C, ou D »: un cimetière, une zone coupée à blanc, un stationnement le long de la rivière. Mais une fois arrivé à Bristol, le parc s’est avéré parfait. Plusieurs tables de piquenique, certaines sous un toit,  en plus de quelques bancs autour d’un petit sentier circulaire. À mon arrivée, une famille mangeait à l'une des tables. J’ai plutôt choisi de m’installer sur un banc, orienté pour avoir le soleil bien en vue.


Pour moi, il était midi, mais il était « une heure plus tard dans les Maritimes »… La totalité devait se faire vers 4 :30 heure locale. Après avoir mangé, j’ai sorti mon équipement. Pour l’occasion, j’ai choisi de travailler avec mon 300 mm muni d’un doubleur de focale acheté quelques semaines plus tôt. Avec le facteur de conversion de mon Olympus, 600 mm devient l’équivalent d’un 1200 mm, ce qui donne un grossissement de 24x, amplement suffisant pour photographier l’éclipse.


Comme je l’ai déjà écrit dans un blogue précédent, pour faire de l’astronomie solaire il faut se munir d’un filtre approprié, au risque d’endommager son équipement. Le filtre que j’ai utilisé est un Baader qui se présente sous la forme d’une pellicule de Mylar que l’on découpe à la dimension voulue. Dans mon cas, j’ai placé la mince pellicule entre deux filtres clairs; j’ai démonté les deux filtres de 77 mm, placé le Baader entre les verres, et remontés le tout sur une des bagues.


Avant même le début de l’éclipse, j’ai monté mon appareil sur trépied pour faire quelques tests et déterminer la bonne exposition. Ces tests ont révélé deux groupes de taches solaires, bien visibles grâce au filtre Baader. Après quoi, j’ai pris mon mal en patience en lisant quelques chapitres d’un roman que j’ai eu la prévoyance d’emmener pour passer le temps…


J’avais également des « lunettes d’éclipse » que j’utilisais de temps à autre pour voir si l’éclipse commençait. Et finalement, ce fut le cas…


Les premières images se réalisent nécessairement avec le filtre. Je faisais quelque courtes rafales avec l’idée de combiner les images pour augmenter leur netteté. Pour obtenir une série d’images de l’éclipse, je faisais une nouvelle rafale environ toutes les 10 minutes. Lorsqu’est finalement arrivé la totalité, j’ai rapidement retiré le filtre solaire et fait quelques expositions en variant le temps de pose pour obtenir des images allant du surexposé au sous exposé, l’idée étant éventuellement de les combiner en format HDR pour augmenter les détails dans les zones sombres et plus claires de l’image.


Les petites lunettes d’éclipse, ne servaient plus. On pouvait regarder le soleil directement, caché qu’il était derrière la lune. À l’horizon, on pouvait voir le rougeoiement, comme durant un coucher de soleil. Je regardais beaucoup mon écran LCD. J’y ai remarqué ce qui semblait être des points brillants autour de la lune. En grossissant une image, j’ai finalement réalisé qu’il s’agissait d’éruptions solaires!


Dans les jours précédant l’éclipse, je pensais naïvement changer d’optique durant la totalité pour avoir différent types d’images, mais d’une part, le paysage n’était pas suffisamment intéressant et la totalité s’est passée vraiment trop vite… Soudainement, la lumière est revenue, comme si quelqu’un avait relevé le commutateur… Il était temps de remettre le filtre solaire. J’ai fait quelques photos supplémentaires, question de montrer « l’après totalité ». Mais j’avais de la route à faire, donc je suis parti quelques minutes plus tard. Par contre, je me suis arrêté à plusieurs endroits en cours de route pour sortir le trépied et faire quelques images, avant de continuer et recommencer un peu plus loin…

 

Quelques jours plus tard, j’ai même trouvé à récupérer la lunette solaire que j’avais acheté et qui risque de ne plus servir… J’ai délicatement découpé la monture de carton pour ensuite en retirer le filtre, qui se présente sous l’aspect d’une mince pellicule plastique. J’ai ensuite placé cette pellicule sur un vieux filtre qui avait été rayé sur un côté. Un second filtre, d’un plus petit diamètre, a ensuite été placé par-dessus. Le sandwich a ensuite été scellé avec de la colle époxy. Il ne restait plus qu’à masquer autour du filtre solaire avec du ruban électrique bien opaque. Le résultat est un filtre qui ne m’aura couté que 3.99$ plus deux filtres rebus qui dormaient dans un tiroir…

 

LES PHOTOS


Phopto du soleil avant l'éclipse

Pour cette image réalisée avant le début de l’éclipse, j’ai combiné 9 images avec le logiciel Sequator, ce qui permet d’augmenter la netteté et de diminuer le bruit numérique

Olympus E-M1 Mark III, 300mm et convertisseur 2x, filtre Baader, 1/110 sec à f/11, ISO 400

 

Photo de l'éclipse solaire au début, environ 20%

Photo de l'éclipse solaire, environ 45%

Photo de l'éclipse solaire, environ 85%

Photo de l'éclipse solaire, environ 98%

L’éclipse est en cours.

Olympus E-M1 Mark III, 300mm, convertisseur 2x, filtre Baader, entre 1/1000 et 1/500 à f/11, ISO 400


Photo de l'éclipse solaire, environ 99%

La «bague de diamant » marque le début de la totalité.

Olympus E-M1 Mark III, 300mm, convertisseur 2x, 1/320 à f/11, ISO 400. Groupe d’images converties en vidéo avec PIPP et traitées ensuite avec AutoStakkert.

 

Photo de l'éclipse solaire a 100%

La totalité. Sur le pourtour du disque on peut voir plusieurs éruptions solaires importantes.

Olympus E-M1 Mark III, 300mm, convertisseur 2x, de 1/800 à 1/2500 à f/11, ISO 400. Groupe d’images converties en en format HDR avec NIK Software.


Photo d'un filtre clair avec une portion de lunaire solaire

Photo d'un filtre clair avec une portion de lunaire solaire avec du ruban adhésif autour.

Après l’éclipse, j’ai recyclé mes lunettes en montant une des deux pellicules entre deux filtres clairs. Après les avoir collé avec de l’époxy, j’ai masqué le pourtour avec du ruban électrique.

 

Photo du soleil avec le filtre fabriqué.

Ce filtre solaire improvisé me donne des images de teinte orangée plus « naturelles » que celles en noir et blanc du Baader.

Olympus E-M1 Mark III, 300mm, convertisseur 2x, filtre solaire, 1/1000 à f/11, ISO 400

 

Photo représentant les différentes phases de l'éclipse en une seule image.

Finalement, j’ai assemblé les différentes phases de l’éclipse en une photo composite intéressante.

 

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