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VOIR LES FLEURS AUTREMENT

Dans un de ses ouvrages iconiques (Photography for the joy of it), le photographe canadien Freeman Patterson décrivait son habitude à « penser de côté » (thinking sideways). C’était sa façon de s’adapter à différentes situations difficiles pour continuer à produire des images intéressantes. Plus récemment, une autre photographe, Louise Tanguay, a bâti une partie de sa réputation en photographiant les fleurs à sa façon, avec une profondeur de champ limitée et souvent en surexposant l’image pour lui donner un cachet particulier. Ces deux photographes m’ont grandement inspiré et continuent de le faire aujourd’hui.


Cette année, j’ai pris ma carte de membre pour les Jardins de Métis avec l’idée de les visiter au moins ceux fois par mois. Mais après quelques visites à faire des images de fleurs « classiques », je me suis inspiré de mes deux photographes pour commencer à voir les fleurs autrement.


La plupart des photos de fleurs les montrent de face, souvent en gardant les pétales parallèles au dos de la caméra pour maximiser la profondeur de champ. Mais le résultat demeure des photos qui sont toutes plus ou moins semblables. Pour créer des variations, on peut les regarder depuis leur côté « pile » plutôt que de face. On peut également les voir par la « tranche » pour des images tout à fait originales. Pour bien réussir dans ce genre de photos il faut cesser de voir l’objet « fleur » pour se concentrer sur les formes, les couleurs, et la lumière. Il faut retirer l’étiquette pour ne voir que des images souvent plus abstraites.


Ce genre de photo atypique doit être approché de la bonne façon. Idéalement, on travaille sur trépied, ce qui permet de mieux peaufiner l'image, surtout dans le cas des très gros plans. La seconde étape sera souvent de jouer avec la profondeur de champ. Si les photographes veulent souvent obtenir l’image la plus nette possible, dans le cas de ces images on voudra souvent limiter la profondeur de champ au minimum; dans certains cas, on ouvrira au maximum, f/2.8 ou f/4.0, selon l’objectif utilisé. L’idée est de concentrer l’attention sur une portion très limitée de l’image, parfois au point de ne voir que quelques gouttes d’eau ou la bordure d’un pétale tout en gardant le reste de la fleur totalement floue. Avec une profondeur de champ aussi limitée, on comprend facilement que la mise au point devient critique. Le trépied devient particulièrement utile dans ces situations, surtout lorsque le sujet est photographié à un angle par rapport au dos de la caméra.


Mais le choix des angles de prise de vue n’est pas la seule façon que l’on peut voir les fleurs différemment. Dans leur choix de sujets, les photographes ont tendance, et c’est bien normal, de choisir les plus belles fleurs, aux pétales biens ouverts, aux couleurs vives, à leur meilleur. Mais des images remarquables se cachent avant et après ce pic de floraison. Les bourgeons qui commencent à peine à s’ouvrir et les fleurs qui se fanent ou qui ont perdu quelques pétales méritent toujours l’attention du photographe. Il faut simplement trouver la forme ou la couleur pour faire une image intéressante.

 

Par le passé, certains photographes utilisaient des filtres de diffusion pour obtenir des images plus douces. Louise Tanguay a également utilisé une technique qui implique de faire deux images, une nette, l’autre délibérément floue; les deux images sont ensuite combinées en couches dans un logiciel comme Photoshop. En jouant avec la densité des deux couches, on peut alors créer un effet de flou contrôlable, ce qui était impossible à faire avec les filtres. De nos jours, le seul filtre que j’utilise régulièrement demeure le polariseur, qui permet d’augmenter la saturation des couleurs; il faut toutefois se rappeler de le tourner pour obtenir le meilleur effet possible lorsque l’on alterne régulièrement entre les orientations horizontale et verticale.


Penser différemment et varier angles et techniques sont des façons utilisées de longue date par les photographes qui désirent ajouter de l’intérêt à leurs images. Et c’est une approche qui s’applique à tous les types de photographie.

 

LES PHOTOS

 

Les pavots bleus sont la fleur emblème des Jardins de Métis. Ce genre de photos est assez classique. Bien que de bonne qualité, il manque quelque peu d’imagination et ne se démarque pas de centaines d’autres images semblables.

Olympus E-M1 Mark III, 40-150 et 1.4x à 175mm, 1/80 à f/4.5, ISO 400

 


Le côté « pile » d`un autre pavot donne une image différente, améliorée d’autant plus par la présence des gouttes d’eau provenant d’une brève averse.

Olympus E-M1 Mark III, 40-150 et 1.4x à 210mm, 1/320 à f/4.5, ISO 400

 


Avec les teintes remarquables du Pavot Bleu, il est facile de faire d’excellentes images en gros plan avec les pétales.

Olympus E-M1 Mark III, 60mm macro, 1/100 à f/5.6, ISO 400

 


Une profondeur de champ minimale n’a gardé que la bordure de ces pétales.

Olympus E-M1 Mark III, 60mm macro, 1/160 à f/4.5, ISO 400

 


Une fleur dont les pétales sont recourbés ont accumulé de nombreuses gouttes de pluie. J’ai trouvé un angle mettant en valeur la courbure du pétale.

Olympus E-M1 Mark III, 40-150 et 1.4x à 210mm, 1/400 à f/8, ISO 400

 


Une autre fleur a permis un traitement différent. En serrant au plus près, seulement quelques pétales couverts de gouttes d’eau forment une image abstraite toute en formes et en couleur.

Olympus E-M1 Mark III, 60mm macro, 1/200 à f/10, ISO 400



Une autre photo de fleur classique...

Olympus E-M1 Mark III, 40-150 et 1.4x à 56mm, 1/40 à f/10, ISO 400

 


Une autre fleur de la même platebande photographiée différemment. La profondeur de champ est délibérément limitée, pour mettre l’emphase sur le pétale et ses gouttes de pluie.

Olympus E-M1 Mark III, 40-150 et 1.4x à 210mm, 1/160 à f/5, ISO 400

 


Un pivoine vu de près donne une image intéressante, mais on peut peut-être faire mieux…

Olympus E-M1 Mark III, 60mm macro, 1/80 à f/9, ISO 400

 


En ouvrant le diaphragme beaucoup plus, j’ai isolé la pointe des pétales et jeté le reste de l’image hors focus, ce qui donne un résultat plus intriguant.

Olympus E-M1 Mark III, 60mm macro, 1/400 à f/3.5, ISO 400

 


Un autre pivoine vu de côté devient une étude de formes et de jeux de lumière.

Olympus E-M1 Mark III, 40-150 et 1.4x à 210mm, 1/800 à f/8, ISO 400

 


Une rose vue non pas comme une image classique mais comme un assemblage de formes justaposées les unes sur les autres.

Olympus E-M1 Mark III, 40-150 et 1.4x à 284mm, 1/250 à f/10, ISO 400

 


Une sorte de marguerite jaune avant qu’elle ne déploie ses pétales donne une belle forme intriguante.

Olympus E-M1 Mark III, 40-150 et 1.4x à 200mm, 1/50 à f/4.5, ISO 400

 


Si on est surtout attirés par les pétales des fleurs, leurs pistils et anthères, les organes sexuels de la fleur, peuvent également servir de sujets.

Olympus E-M1 Mark III, 40-150 et 1.4x à 210mm, 1/60 à f/4, ISO 320

 

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Pistils et anthères peuvent être photographiés de différents angles; au photographe de trouver le meilleur…

Olympus E-M1 Mark III, 40-150 et 2x à 260mm, 1/200 à f/10, ISO 400

 


Et je n’arrête jamais… Cette dernière image a été réalisée ce matin même, quelques heures avant que je n’envoie le blogue à mon ami Pierre pour qu’il le mette en ligne…

Olympus E-M1 Mark III, 40-150 et x à 180mm, 1/60 à f/5.6, ISO 400

 

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