LES ARCS-EN-CIEL
- Christian Autotte

- il y a 16 heures
- 5 min de lecture
Qui peut résister au charme d’un arc-en-ciel? Tous les jeunes, de 7 a 77 ans, s’émerveillent devant leur beauté, et les photographes ne font pas exception. Lorsque la chance se présente, il faut la saisir; le problème c’est que les arcs-en-ciel sont justement imprévisibles, ou presque…
Tout d’abord, comment se forment les arcs-en-ciel? Il faut deux éléments indispensables et qui semblent à première vue contraire l’un à l’autre : de la pluie et du soleil. Les rayons du soleil passent à travers les gouttes d’eau qui agissent alors comme des prismes et décomposent la lumière. En été, la chaleur du soleil force l’évaporation qui peuvent former des nuages chargés de pluie. Ces averses estivales sont souvent suivies de peu par le soleil; comme le dit si bien l’adage : après la pluie le beau temps! Si le soleil est assez bas, un arc-en-ciel peut se former; si le soleil est trop haut l’arc-en-ciel se formerait sur le sol! Les arcs-en-ciel se forment donc le plus souvent en après-midi.
Que vous soyez en randonnée ou assis dans votre salon, si vous voyez le soleil se pointer au milieu d’une averse, il est temps de chercher l’arc-en-ciel qui a toutes les chances de se former. Ne cherchez pas en direction du soleil mais plutôt dans la direction opposée; lorsque vous regardez un arc-en-ciel, le soleil sera toujours dans votre dos. Il faut ensuite avoir un appareil photo à portée de main (ou au moins son téléphone…). Malheureusement, les arcs-en-ciel sont des évènements ponctuels et éphémères, de sorte qu’il est impossible de sauter dans l’auto pour se mettre à la recherche d’un meilleur paysage! On doit se contenter du paysage qui se présente à nous, quitte à user d’un peu de licence artistique et d’une bonne dose de Photoshop pour améliorer une image qui laisse à désirer…
Les filtres peuvent être utiles, mais il faut les utiliser avec discernement. Un filtre clair ou UV protégera l’élément frontal de l’objectif de la pluie qui vous tombe peut-être dessus. Dans certains cas, un polariseur pourra augmenter la saturation, mais surveillez bien l’image : dans certains cas, un polariseur peut faire disparaître l’arc-en-ciel!
Quel objectif choisir? Le plus souvent, on voudra montrer l’arc-en-ciel dans un paysage, donc les grands angles sont de mise. Choisissez une ouverture entre f/8,0 et f/16 pour avoir assez de profondeur de champ sur toute la plage de l’image. Si vous avec la chance de voir un arc-en-ciel complet qui touche le sol aux deux extrémités, il vous faudra un très grand angle, autour de 19mm pour un plein cadre. Sinon, on peut toujours faire quelques images et les assembler en format panoramique.
Mais selon le paysage et l’arc-en-ciel, il est parfois préférable de passer à un objectif plus long. Les arcs-en-ciel ne sont pas toujours complets, on voit parfois des « bouts » d’arcs-en-ciel très courts qui seraient perdus dans un grand paysage. Un téléobjectif peut alors s’avérer utile, surtout si une partie du paysage laisse à désirer.
Des phénomènes apparentés à ce qui cause les arcs-en-ciel, soit la réfraction de la lumière, sont également la source d’autres phénomènes rarissimes qu’il faut saisir lorsqu’ils se présentent. Les halos forment un cercle autour du soleil ou de la lune. Ils sont causés par des cristaux de glace dans la haute atmosphère. Contrairement à la plupart des arcs-en-ciel qui ne se forment qu’en été, les halos peuvent apparaître en toute saison. Il existe également une variation, les parhélies, qui forment comme deux soleils de part et d’autre du soleil véritable. Parfois, les parhélies présentent quelques teintes semblables à des arcs-en-ciel. J’ai eu l’occasion de voir ce phénomène il y a quelques hivers; malheureusement, j’étais en auto… et sans caméra… Dans un de ces exemples de « j’aurais donc dû », j’aurais dû m’arrêter et au moins tirer un cliché avec mon téléphone, mais je pensais avoir le temps de me rendre chez-moi et de faire des photos avec un « vrai » appareil photo; malheureusement, le parhélie s’est dissipé à peine quelques minutes avant mon arrivée.
Que ça vous serve de leçon : si vous avec la chance de voir un de ces phénomènes fugaces, faite un photo avec ce que vous avez sous la main!
LES PHOTOS

En randonnée dans le Parc de la Gaspésie, j’ai aperçu cet arc-en-ciel, et la chance étant de mon côté il trônait au-dessus d’un superbe paysage.
Canon 7D, 17-40 à 25mm, 1/50 à f/8.0, ISO 320

Plus tard durant la même randonnée dans le Parc de la Gaspésie. Il était évident que l’arc-en-ciel se poursuivait vers la gauche, mais l’étroit sentier forestier limitait mon point de vue…
Canon 7D, 10-20 à 20mm, 1/125 à f/8.0, ISO 320

...Finalement, à la sortie du sentier, le stationnement m’a ouvert l’horizon, permettant de voir la totalité de l’arc-en-ciel. Malheureusement, des autos et quelques touristes venaient gâcher le paysage. Un recadrage, couplé d’une utilisation judicieuse de Photoshop, s’est chargé d’éliminer les éléments indésirables.
Canon 7D, 10-20 à 11mm, 1/250 à f/8.0, ISO 320

Les arcs-en-ciel sont imprévisibles, de sorte qu’il faut être attentifs aux conditions météo pour profiter de leur apparition. Relaxant dans mon salon durant une averse, j’ai remarqué soleil qui se pointait au travers des nuages. Je me suis précipité dehors pour apercevoir ce superbe arc-en-ciel que j’ai photographié en avançant de quelques pas dans le champ devant la maison. Un très grand angle, équivalent à un 15mm sur un plein cadre, a permis de montrer la totalité du phénomène.
Olympus E-M1 Mark III, Laowa 7.5mm, 1/100 à f/16, ISO 250

Les arcs-en-ciel ne sont pas toujours complets, ni même très évidents. Depuis le balcon de l’appartement que j’habitais à Montréal, j’ai remarqué un changement de luminosité en fin de journée. J’ai réalisé cette photo depuis mon balcon, avec un peu de retouches pour éliminer un toit gênant. Le goéland qui passait est un de ces « accidents chanceux ».
Olympus E-M1, 12-40 à 24mm, 1/400 à f/6.3, ISO 400

Les halos sont un autre de ces phénomènes éphémères qui valent la peine d’être photographiés, mais ils sont parfois plus difficiles à capturer que les arcs-en-ciel. Pour conserver du détail à la fois dans la forêt et dans le ciel, j’ai fait plusieurs photos que j’ai combiné avec un logiciel de HDR (High Dynamic Range).
Canon 40D, 10-20 à 10mm, 1/1000 et moins à f/16, ISO 100

Par contre, en exposant pour la blancheur de la neige, le ciel est devenu assez foncé pour faire ressortir ce halo à demi caché par les nuages.
Olympus E-M1 Mark III, Laowa 7.5mm, 1/1600 à environ f/11, ISO 320

Ce curieux halo s’est formé au travers des nuages. Pratiquement au zénith, j’ai choisi de le photographier en gros plan, sans tenter de l’incorporer dans un paysage qui manquait d’intérêt. J’ai fortement sous-exposé pour ne rien perdre des couleurs.
Olympus E-M1 Mark III, 12-40 à 36mm, 1/5000 à environ f/14, ISO 200

Le soleil n’est pas le seul à être la source de halos. Intéressé à photographier une Super Lune, je suis sorti la voir depuis mon balcon. Mais un voile de nuages ruinait les possibilités de faire une bonne photo au télescope. Par contre, ces mêmes conditions ont créé un halo que je me suis empressé de photographier. Mais pour voir le halo, j’ai sacrifié la lune, qui ne se présente plus que comme un disque blanc sans sa face visible.
Olympus E-M1, 12-40 à 12mm, 2 sec à environ f/4.0, ISO 400

Lorsque quelqu’un est entré dans le commerce où je travaillais en disant que quelque chose de curieux était visible dans le ciel, je suis sorti rapidement pour voir que c’était un superbe halo très brillant pratiquement au zénith. Pour une fois, j’ai pensé à sortir mon téléphone pour en faire une photo! Sans être parfaite, l’image demeure intéressante.
Telephone Motorola G power, 1/20000 à f/1.7, ISO 100




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